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hordes

1ère partie
baignoires et pianos tombent de mes poches

2024-2026

2ème partie
Roulements de Tambours

2026

Bourse d'aide individuelle à la création DRAC Bourgogne Franche Comté 2025


Le plus beau parfum du monde est celui d'un feu de bois qu'on allume.

La plus belle lumière du monde est celle de la lune.

De même ceux qui regardent le doigt qui pointe au lieu du spectacle pointé, tout le monde regarde la lune, "comme c'est joli", au lieu de regarder les jeux des lumières, sur terre, où la nuit se réveille.

En rejet total des mièvreries qui gravitent autour de la pleine lune, me fichant complètement de ceux qui y plantent leurs drapeaux, j'en fais l'expérience. 

Le soleil qu'on croyait endormi, nous inonde, par son biais, d'une lumière suffisante pour y voir clair. 

Il faut s'éloigner des lampadaires inutiles et nuisibles, trouver l'ombre qui n'en est plus une, il faut laisser quelques instants aux pupilles pour se dilater et une nuit incroyable apparaît. 

On y voit comme en plein jour mais les couleurs ont disparues, tout est bleuté, peu saturé. 

Il suffit qu'une bougie s'allume quelque part et des jeux de lumière s'installent, les lumières artificielles, si on les garde à distance, peuvent entrer dans la danse.

Dès lors un ballet de lumières s'élance dans le silence de la nuit.

C'est là que les baignoires et les pianos interviennent, car ces lumières sont surréalistes, c'est le plus bel endroit du monde, on y est bien et on s'y installe un moment. 

On y est chez soi. 

Mon amoureuse est pianiste, moi photographe et nous adorons les bains sous les étoiles, surtout en hiver.

Nous goûtons le luxe de vivre, sans nous soucier des convenances, des mots d'ordres destinés à nous cloitrer.

Nous sommes libres, comme les sont mes baignoires et mes pianos à queues.


Le vrai luxe ne se limite pas à 5 étoiles mais à des millions d'étoiles, j'en prends la lune comme témoin.



Dans un deuxième temps, des hordes de Tambours de machine à laver ont débarqué. Jaillissant des lavoirs asséchés et de ceux où coule encore une source empoisonnée.

Puis se formant en colonnes, se dispersant dans des espaces, ils ont joué avec la pleine lune.

Emprisonnés dans une tour de verre depuis le 02 août, ils s'évaderont très bientôt.


Le tambour : Objet de rebut, de déchèterie, pourtant objet design, en acier inoxydable, son nom prêtant au jeux de mots, sa forme invitant la flamme d'une bougie à rayonner par mille trous, sa part de responsabilité dans la libération des femmes, son obsolescence programmée. 

Sa fonction le fait résonner avec les lavoirs, obsolètes à cause de lui mais toujours vaillant quand lui est jeté comme une vieille chaussette.

Le rebut se retrouve sublimé dans des jeux de lumières et de sémantique. L'antique lavoir confronte la modernité.


Roulements dans le sens des crieurs publiques, roulement dans la machine, roulement dans le sens de prendre sa place après un autre, dans l'image comme dans le commerce, roulement comme ce qui permet de fonctionner.